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CARNETS DE VOYAGE

Danemark (J3) – Kastrup & Copenhague

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AFGHANISTAN 🇦🇫 Les quatre minarets de la médersa AFGHANISTAN 🇦🇫
Les quatre minarets de la médersa d’Husayn Bayqara, à Hérat, sont les derniers vestiges d’un immense complexe timouride du XVe siècle, à l’époque où la ville était l’une des capitales culturelles les plus brillantes du monde persan. La médersa (école religieuse et intellectuelle) et la mosquée ont disparu avec le temps et les guerres, ne laissant que ces tours décorées de briques bleues et turquoise.
J’arrive à pied devant une grande grille fermée. En criant, un vieil Afghan sort d’un container pour nous ouvrir. Les minarets sont immenses et impressionnants, avec leur base massive en briques, presque anguleuse avant que la tour ne devienne plus cylindrique en montant. Entre ceux de gauche, un petit labyrinthe de pièces et quelques tombes subsistent encore. Certaines parties sont protégées par des tôles à cause de l’érosion. Un des minarets à gauche conserve encore de très belles briques colorées. Cela me rappelle le Minaret de Jam. 🇦🇫
AFGHANISTAN 🇦🇫 Le mausolée de Goharshad est l’un AFGHANISTAN 🇦🇫
Le mausolée de Goharshad est l’un des derniers grands vestiges timourides encore visibles à Hérat. Construit au XVe siècle et lié à Goharshad Begum, épouse de Shah Rukh et grande mécène de l’architecture persane, il témoigne du rôle central de la ville, alors l’une des capitales culturelles du monde islamique.
Ce qu’il reste aujourd’hui s’inscrit dans les traces d’un vaste complexe religieux aujourd’hui presque entièrement disparu. La coupole bleue domine encore l’ensemble, avec ses nuances turquoise typiques de l’art timouride, tandis que les motifs géométriques et floraux gardent une finesse remarquable malgré le temps. La suite du complexe se dévoile un peu plus loin, avec les quatre minarets de la médersa d’Husayn Bayqara. 🇦🇫
AFGHANISTAN 🇦🇫 La citadelle d’Hérat se dresse au AFGHANISTAN 🇦🇫
La citadelle d’Hérat se dresse au cœur de la ville comme une évidence, massive et rénovée, presque trop nette au premier regard. On s’attendrait presque à une façade, à un décor. Puis on entre, et le lieu prend une tout autre dimension.
À l’intérieur, un musée national que personne ne vous dit d’anticiper : des œuvres soignées, une scénographie inattendue, une vraie volonté de raconter. Ici aussi, comme au mausolée de Mirwais à Kandahar, l’Afghanistan vous surprend là où vous ne l’attendiez pas : dans la délicatesse, dans le soin apporté aux choses. Malheureusement les photos sont interdites dans le musée. 
Je monte ensuite vers les hauteurs de la citadelle sous une chaleur écrasante. Les quelques arbres plantés çà et là, encore minuscules, semblent lutter eux aussi contre le soleil. En haut, la vue s’ouvre sur Hérat et sur le complexe aux quatre minarets que j’irai visiter tout à l’heure. Les tours gardent çà et là quelques briques d’époque.
Hérat, elle, est une ville différente. Plus aérée que Kandahar, bordée d’arbres, presque ordonnée. On y sent moins la tension, plus une forme d’ancienneté tranquille. La citadelle lui ressemble : imposante, mais jamais intimidante. Classée sur la liste indicative de l’UNESCO, elle porte cette distinction avec une certaine sobriété : comme si elle n’en avait pas vraiment besoin. 🇦🇫
AFGHANISTAN 🇦🇫 Portrait devant le sanctuaire de K AFGHANISTAN 🇦🇫
Portrait devant le sanctuaire de Kherqa Sharif. 🇦🇫
AFGHANISTAN 🇦🇫 Le tombeau de Ahmad Shah Durrani a AFGHANISTAN 🇦🇫
Le tombeau de Ahmad Shah Durrani apparaît d’abord, presque naturellement, au détour des rues. Avec ses teintes bleutées et son architecture élégante, il abrite la sépulture de Ahmad Shah Durrani, figure centrale de l’histoire du pays. Mais ce jour-là, les portes sont restées closes. L’intérieur ne s’ouvre qu’aux fidèles le vendredi, laissant entrevoir un lieu à la fois historique et spirituel, que je ne fais qu’imaginer.
Juste à côté et presque en retrait, se trouve le sanctuaire de Kherqa Sharif. Là aussi, l’accès est limité. Derrière ses murs est conservée une relique profondément sacrée : le manteau attribué au prophète Mahomet, apporté ici à l’époque de Durrani pour renforcer la dimension spirituelle de la ville.
Le contraste est frappant. Deux lieux majeurs, côte à côte, mais qu’on ne peut découvrir. Le reste du temps, tout reste fermé, presque silencieux. Et Kandahar continue de vivre autour … 🇦🇫
AFGHANISTAN 🇦🇫 Le bazar couvert de Kandahar est u AFGHANISTAN 🇦🇫
Le bazar couvert de Kandahar est une traversée. On y entre happé par le bruit, les appels des marchands, les pas étouffés par la poussière, et très vite on se laisse porter par le flux. Sous la charpente sombre, la lumière filtre par endroits et vient frapper les étals : épices, tissus, pièces mécaniques, fruits entassés en pyramides imparfaites.
Au détour d’une allée, des vendeurs de jus de raisin pressent les grappes devant vous. Le liquide épais coule dans des verres simples, d’un vert pâle presque laiteux. On boit pour se rafraîchir, on s’arrête pour regarder, on échange quelques mots. Ici, tout semble direct, sans mise en scène. On y croise aussi les topis, ces calottes finement brodées, aux motifs délicats, qui témoignent du savoir-faire artisanal du sud afghan.
Au cœur de ce dédale se trouve la Mosquée du Sanctuaire du Manteau (Moi Mubarak Jama). Accessible directement depuis le bazar, elle abrite une relique profondément vénérée : des cheveux attribués au prophète Mohammed. Le vendredi, elle devient le centre spirituel de la ville, rassemblant les fidèles pour la grande prière hebdomadaire.
Plus à l’écart du centre-ville se dresse la Mosquée Rouge de Kandahar, autre repère emblématique, reconnaissable à son dôme de couleur rouge. Là-bas, le bruit se dilue, l’espace s’ouvre, et la prière semble trouver un autre souffle.
Puis on ressort. Le vacarme reprend ses droits. Les klaxons, les motos, les charrettes, les voix. Kandahar est bruyante, dense, parfois chaotique. Mais dans ce tumulte, il y a une cohérence. Chaque rue semble prolonger le bazar couvert. 🇦🇫
AFGHANISTAN 🇦🇫 Le tombeau de Mirwais Khan Hotak, AFGHANISTAN 🇦🇫
Le tombeau de Mirwais Khan Hotak, posé à l’écart du tumulte de Kandahar, est de ces lieux qui imposent le silence. Non pas un silence vide, mais un silence habité, presque solennel. On y entre comme on baisserait la voix instinctivement, avec le sentiment d’être trop petit face à quelque chose qui nous dépasse.
Le mausolée me surprend d’abord par ses couleurs. Des bleus profonds, des turquoises lumineux, des verts patinés par le temps. Rien de clinquant, rien d’ostentatoire, mais une richesse inattendue, presque méditerranéenne, qui tranche avec l’image austère que l’on se fait souvent de l’Afghanistan. Les motifs géométriques, la céramique, les jeux de lumière sur les parois racontent une autre histoire : celle d’un pays de bâtisseurs, d’artisans. On ne s’attend pas à tant de délicatesse, et c’est précisément ce décalage qui me bouleverse.
Kandahar, justement, est une ville qui porte ce contraste en elle. Réputée pour son poids historique, politique, très souvent tragique, elle apparaît de l’extérieur comme une cité dure, fermée. Mais en la parcourant, on découvre une ville ancienne, profondément enracinée, où chaque rue raconte une histoire. La poussière, les murs ocre, la lumière crue du sud afghan composent un décor brut, presque rude, mais jamais dénué de vie. Kandahar n’est pas spectaculaire au premier regard ; elle est dense, lourde de mémoire.
Découvrir un mausolée aussi coloré, aussi paisible, dans cette ville que l’on croyait connaître par les récits et les images, provoque un choc : celui de comprendre que l’Afghanistan est infiniment plus complexe, plus nuancé, plus beau que ce que l’on imagine. 🇦🇫
AFGHANISTAN 🇦🇫 Portraits devant les minarets de G AFGHANISTAN 🇦🇫
Portraits devant les minarets de Ghazni, derniers témoins du royaume ghaznavide. Érigés au XIᵉ siècle sous le règne du sultan Mahmoud et de son fils Massoud, ils faisaient autrefois partie d’un vaste complexe religieux aujourd’hui disparu. À cette époque, Ghazni était une capitale influente, un centre intellectuel et artistique majeur du monde persan. Devant ces minarets, les carcasses de chars soviétiques rappellent un passé plus sombre. 🇦🇫
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