Mardi 26 décembre 2017,
Cap sur le « hygge », cet art de vivre si cher aux Danois.
J’avais toujours imaginé Copenhague comme une ville un peu austère, presque monotone, influencé par les photos d’un ami qui en montraient un visage sombre. Pourtant, je savais que pendant les fêtes, la capitale danoise se pare de lumières et prend des allures de conte de fées. Il était temps de me faire ma propre opinion.
Je commence ma découverte sur Rådhuspladsen, la place de l’Hôtel de Ville, autrefois marquée par la porte ouest de Copenhague. Aujourd’hui, ses écrans lumineux et son immense sapin lui donnent des airs de Times Square. L’hôtel de ville, achevé en 1905 dans un style romantique national, abrite une horloge extraordinaire. Elle indique non seulement l’heure locale, mais aussi l’heure solaire, le temps sidéral, le lever et le coucher du soleil, la migration des pôles magnétiques, la révolution des planètes, le calendrier grégorien… et même les jours fériés ! Conçue par l’astro-mécanicien Jens Olsen, cette horloge astronomique ne fut achevée qu’en 1955, dix ans après la disparition de son créateur.
Je poursuis vers Strøget, la plus longue rue piétonne d’Europe, avant d’atteindre la Rundetårn, plus ancienne tour d’observation encore en service sur le continent (1642). On m’avait recommandé d’en visiter l’intérieur et d’admirer sa vue panoramique, mais la nuit tombe vite en hiver au Danemark : il est à peine 16 heures, et déjà la ville est plongée dans l’obscurité.
Je m’arrête ensuite devant Vor Frue Kirke, la cathédrale Notre-Dame de Copenhague. Construite initialement en 1191, elle a été reconstruite à plusieurs reprises après de terribles incendies, et sa version actuelle, de style néoclassique, date de 1829. À l’intérieur, des statues du Christ et des douze apôtres veillent dans une atmosphère sereine. Avec les sapins décorés et les chants religieux, le lieu inspire le calme et la contemplation.
À deux pas, je fais un détour gourmand par le marché couvert Torvehallerne KBH, véritable paradis pour les amateurs de bons produits. Les étals débordent de fruits rouges, herbes fraîches, poissons fumés, fromages affinés, smørrebrød colorés, pâtes maison et cafés fraîchement moulus. La fraîcheur et la qualité sautent aux yeux… tout comme les files d’attente devant les stands les plus réputés. Je me laisse tenter par des smørrebrød, ces tartines de pain de seigle garnies de rosbif, crevettes, hareng mariné ou filet de poisson frit. Souvent, leur présentation est si soignée qu’on hésite à y mordre !
De retour à l’hôtel, j’admire la vue sur le centre et le quartier latin. Ce dernier doit son nom à l’université de Copenhague, fondée en 1479, où le latin fut longtemps la langue d’enseignement. Ses ruelles pavées, envahies de vélos, dévoilent un patchwork de façades pastel, d’ateliers d’artisans et de cafés aux lumières feutrées. Cette première journée m’a offert une image bien différente de celle que j’imaginais. Chaleureuse, conviviale et tournée vers le bien-être de ses habitants, Copenhague m’a conquis.







