Danemark (J2) – Copenhague

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Mercredi 27 décembre 2017,

Le soleil se lève sur mon deuxième jour au Danemark.

Je pars en direction de Kastellet, une citadelle en forme d’étoile à cinq branches, commandée par Frédéric III en 1662 et édifiée selon les théories de Vauban. Toujours en activité en tant que base militaire, Kastellet est aujourd’hui l’un des lieux les plus emblématiques de Copenhague. Ses douves, ses remparts recouverts d’herbe, ses casernes du XVIIIe siècle et sa chapelle lui confèrent un charme unique. Un ancien moulin à vent domine les remparts et offre une belle vue sur les casemates.

Tout près de Kastellet se trouve la Petite Sirène, sans doute l’attraction touristique la plus photographiée du pays. Inspirée d’un conte de Hans Christian Andersen, cette statue de bronze réalisée au début du XIXe siècle est devenue le symbole emblématique de Copenhague. Pourtant, la réalité peut surprendre : le site est pris d’assaut par les visiteurs, et il n’est pas toujours simple de trouver un angle dégagé pour faire une belle photo. Battue par les vents du large, cette petite silhouette solitaire peut émouvoir certains dont je fais partie, tandis que d’autres restent un peu déçus après avoir parcouru un kilomètre sur le front de mer déchaîné par les vents  pour l’atteindre.

La Petite Sirène de Copenhague

Je poursuis ma visite jusqu’au palais d’Amalienborg, résidence d’hiver de la reine Margrethe II. Construit au XVIIIe siècle, Amalienborg Slot se compose de quatre palais austères disposés autour d’une élégante place pavée, considérée par mon guide papier comme l’une des plus majestueuses d’Europe. En son centre trône la statue équestre de Frédéric V, roi de Danemark et de Norvège entre 1746 et 1766.

Depuis les jardins, on aperçoit de l’autre côté du port l’Opéra de Copenhague, conçu par l’architecte Henning Larsen en 2005. Sa programmation va des grands classiques aux œuvres contemporaines. L’architecture est impressionnante, et je découvre avec surprise que lors des championnats du monde de Red Bull Cliff Diving, des plongeurs s’élancent depuis le toit du bâtiment devant un public ébahi. Un jour, j’aimerais assister à un tel spectacle !

À côté d’Amalienborg s’élève la magnifique église de marbre de Copenhague, la Frederikskirken. Consacrée en 1894, cette église de style néo-baroque est dotée de la plus grande coupole de Scandinavie, inspirée de celle de Saint-Pierre de Rome. Sa construction, lancée en 1749 par Frédéric V et l’architecte Nicolai Eigtved, fut interrompue faute de moyens, avant d’être reprise et achevée au XIXe siècle grâce au mécénat de Carl Frederik Tietgen, l’un des plus grands financiers danois de son époque. L’ensemble est absolument grandiose, même si les fresques de la coupole mériteraient aujourd’hui une petite restauration.

Je me rends ensuite à Nyhavn, le quartier du « nouveau port ». Ce canal, qui relie Kongens Nytorv (la Nouvelle Place du Roi) au port, fut longtemps un repaire de marins et d’écrivains, notamment Hans Christian Andersen, qui y vécut à plusieurs adresses et y écrivit certains de ses contes célèbres. La maison la plus ancienne, au n°9, date de 1681 et est encore magnifiquement conservée. Aujourd’hui, Nyhavn attire les foules grâce à ses façades vives et ses bateaux traditionnels. J’en profite pour faire une croisière avec Canal Tours Copenhagen, passant devant Christiansborg Slot, Christianshavn, la Bibliothèque royale, l’opéra, Amalienborg et la Petite Sirène, cette fois admirée depuis la mer Baltique.

Ma journée se poursuit au château de Rosenborg, véritable joyau Renaissance construit entre 1606 et 1633 comme résidence d’été pour Christian IV. Les 24 salles retracent l’histoire des monarques danois de Christian IV à Frédéric VII, à travers mobilier, portraits et décorations. Le sous-sol abrite le trésor royal, dont les joyaux de la couronne danoise : la somptueuse couronne de Christian IV et l’épée sertie de pierres précieuses de Christian III. La visite est passionnante, et la vue sur le jardin géométrique est splendide. Malheureusement on ne peut pas prendre de photos dans toutes les salles.

Le château est situé dans le Kongens Have, l’un des plus anciens et plus beaux parcs de Copenhague. Créé au XVIIe siècle par Christian IV pour son potager personnel, il est aujourd’hui un jardin raffiné aux allées romantiques, avec une roseraie parfumée et certaines des plus longues plates-bandes fleuries d’Europe du Nord.

De l’autre côté de Øster Voldgade se trouve le jardin botanique. Paisible et riche de plus de 13 000 espèces de plantes, c’est la plus vaste collection du pays. Sa serre aux palmiers du XIXe siècle, la Palmehus, est impressionnante : la chaleur tropicale contraste avec l’hiver danois, et depuis la passerelle en hauteur, la vue est superbe. Dans la boutique, on peut même acheter du miel produit par les abeilles du jardin, un joli clin d’œil à la créativité danoise.

Je rejoins ensuite le musée national des Beaux-Arts, installé dans un palais du XIXe siècle et une extension moderne de 1993. On y admire des œuvres allant du Moyen Âge à l’art contemporain, avec de grands maîtres comme Rubens, Breughel, Rembrandt, Matisse ou Picasso. Le musée conserve aussi la plus importante collection de peintres de l’âge d’or danois (Eckersberg, Krøyer, Hammershøi) et des figures modernes comme Per Kirkeby. Lors de ma visite, une exposition temporaire intitulée Danish and International Art after 1900 présente de superbes œuvres du XXe et XXIe siècles, mises en valeur dans les galeries lumineuses ouvertes sur le parc Østre Anlæg.

Après tant de découvertes, l’appétit se fait sentir. Je m’attable au chaleureux restaurant Kronborg, niché dans une bâtisse aux murs épais et aux poutres apparentes. J’y déguste un délicieux smørrebrød aux harengs de Brantevik marinés aux herbes fraîches, servi dans de la porcelaine royale de Copenhague, ainsi qu’un tartare savoureux. L’adresse est conviviale, et je conseille vivement de réserver.

Copenhague continue de me séduire par son atmosphère à la fois jeune et paisible. Ici, l’art de bien vivre est une véritable philosophie : petits cafés chaleureux, excellents restaurants dont certains jouissent d’une renommée internationale, comme le mythique Noma plusieurs fois sacré meilleur restaurant du monde, balades à vélo ou à pied malgré le froid. La ville ne se précipite pas, elle prend son temps. Et c’est sans doute là que réside tout son charme.

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