Danemark (J5) – Copenhague

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Samedi 30 décembre 2017,

Dernière journée à Copenhague, en promenade sur l’île de Slotsholmen, facilement accessible à pied.

Avec ses canaux semblables à des douves et ses silhouettes de tours et de flèches, l’île abrite une impressionnante collection de monuments historiques et culturels. Elle demeure, depuis le Moyen Âge, le centre névralgique du pouvoir au Danemark.

Je commence ma découverte par le musée Thorvaldsen, un élégant bâtiment rappelant l’architecture des mausolées gréco-romains. Il rend hommage au sculpteur danois Bertel Thorvaldsen (1770-1844), qui vécut longtemps en Italie et dont l’œuvre s’imprègne fortement de la mythologie antique. À son retour à Copenhague, l’artiste fit don de ses sculptures et de sa collection personnelle au peuple danois ; la famille royale offrit alors ce lieu prestigieux pour les exposer. On peut y admirer ses dessins, moulages, sculptures monumentales, mais aussi une remarquable collection d’antiquités méditerranéennes. Les salles, décorées dans un style inspiré de la Grèce, de l’Égypte et de Rome antiques, forment un écrin parfait pour ses créations. Un musée incontournable, véritable témoin de la grandeur artistique du Danemark.

À quelques pas de là s’élève le palais de Christiansborg, aujourd’hui siège du Parlement danois, du ministère d’État et de la Cour suprême. Résidence principale de la monarchie jusqu’à la fin du XVIIIe siècle, l’édifice fut plusieurs fois détruit par des incendies avant de renaître sous différentes formes. Le bâtiment actuel, inauguré en 1928 sous le règne de Frédéric VIII, en est la troisième version. Sa vaste cour centrale, autrefois utilisée pour les entraînements équestres, est bordée au nord par les écuries royales et au sud par les anciennes remises à carrosses construites dans les années 1730.

L’intérieur se visite en partie : on y découvre les majestueuses salles de réception royales, les vestiges médiévaux et l’ancienne cuisine. Les appartements d’apparat, toujours utilisés pour les cérémonies officielles, comptent parmi les plus somptueux du Danemark. La salle du trône, surmontée d’une voûte peinte, évoque la bataille de Lyndanisse (1219), où, selon la légende, le Dannebrog (drapeau national du Danemark) serait apparu dans le ciel. La salle d’Alexandre impressionne, quant à elle, par sa richesse décorative et sa frise sculptée par Thorvaldsen, représentant l’entrée triomphale d’Alexandre le Grand à Babylone. Une étape incontournable pour saisir la dimension historique et politique du pays.

Ma promenade me conduit ensuite à la Rundetårn (Tour ronde), joyau du XVIIe siècle et toujours la plus ancienne tour d’observation en service en Europe. Édifiée en 1642 par Christian IV pour l’astronome Tycho Brahe, elle culmine à près de 35 mètres et se distingue par son étonnante rampe en spirale, qui remplace les escaliers traditionnels. La légende veut que le tsar Pierre le Grand l’ait gravie… à cheval !

Tycho Brahe fut l’un des esprits scientifiques les plus brillants de son temps. En 1572, en observant une supernova, il remit en cause l’idée héritée d’Aristote selon laquelle le ciel restait immuable. Ses recherches, poursuivies par son disciple Johannes Kepler, ouvrirent la voie à la compréhension des mouvements planétaires. Au sommet de la Rundetårn, un superbe panorama se déploie sur Copenhague, révélant la ville dans toute sa richesse architecturale.

Dans l’après-midi, je pars explorer le quartier bohème de Nørrebro, connu pour ses rues animées et ses façades pleines de couleurs. Je fais halte à Superkilen, un parc urbain de près de 800 mètres conçu comme un manifeste de la diversité culturelle. Véritable galerie à ciel ouvert, il rassemble des objets venus des quatre coins du monde : fontaine marocaine, balançoires d’Irak, bornes du Ghana, anneaux de boxe thaïlandais ou encore enseignes lumineuses venues de Russie et de Chine. Un lieu insolite et vibrant, qui illustre à merveille l’ouverture et le multiculturalisme de la capitale danoise.

Au-delà de ce quartier, le Danemark séduit par son modèle social unique, favorisant un accès démocratique à la culture, à l’art et aux loisirs. Les villes, pensées à échelle humaine et conçues pour les piétons et cyclistes plutôt que pour les voitures, associent fonctionnalité, sobriété et raffinement. Tout s’inscrit dans l’art de vivre danois, empreint du fameux hygge.

Le Danemark est régulièrement classé parmi les pays les plus heureux du globe, et ce séjour m’a donné un aperçu des raisons de cette réputation : chaleur humaine, égalité et inventivité s’expriment partout, dans les rues comme dans le quotidien. Je quitte le pays émerveillé, loin de l’image que j’en avais au départ, et déjà impatient d’y revenir. La prochaine fois, je me laisserai tenter par une aventure culinaire, à la découverte des tables étoilées qui font rayonner la cuisine danoise.

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