Danemark (J4) – Îles de Møn & de Seeland

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Vendredi 29 décembre 2017,

Aujourd’hui, je quitte Copenhague pour explorer les îles de Møn et de Seeland.

À seulement deux heures de route de la capitale danoise, s’ouvrent des paysages saisissants et très différents : longues plages balayées par l’air vivifiant, champs de blé ondulant sous la brise, et vestiges préhistoriques datant du Néolithique.

Pont Queen Alexandrine qui relie l'île de Seeland à l'île de Møn

L’île de Møn est particulièrement réputée pour ses falaises blanches, les Møns Klint, qui s’étendent sur près de 7 kilomètres et s’élèvent jusqu’à 128 mètres au-dessus de la mer Baltique. Ces falaises spectaculaires, formées il y a 70 millions d’années par l’accumulation de coquillages microscopiques, constituent un trésor géologique rare dans un pays majoritairement plat. Leur beauté inspira de nombreux artistes danois, peintres et écrivains, qui trouvèrent ici un décor inépuisable.

La balade le long des falaises est saisissante : l’eau, par endroits turquoise, contraste avec la blancheur éclatante de la craie. Un sentier permet de descendre jusqu’à la plage, mais la marée montante m’oblige à rebrousser chemin plus tôt que prévu, sous peine de finir avec mon pantalon sur les épaules à la manière de Mike Horn ! Malgré le froid, l’escapade reste un moment unique, que je recommande vivement.

En repartant, je m’arrête à l’église d’Elmelunde, édifice médiéval célèbre pour ses fresques du XVe siècle, parmi les mieux conservées du pays. Celles-ci représentent des scènes bibliques allant de l’Insouciance du jardin d’Éden aux Tourments de l’Enfer, avec un style assez expressif. Réalisées à l’aquarelle sur enduit frais, ces peintures servaient à instruire les fidèles illettrés du Moyen Âge. Leur sauvegarde tient du miracle : recouvertes de chaux blanche au XVIIe siècle par les luthériens qui les jugeaient « trop catholiques », elles furent protégées de la pollution et redécouvertes seulement au XXe siècle. Aujourd’hui, elles offrent un témoignage émouvant du passé. L’atmosphère de l’église est encore sublimée par un bateau suspendu au plafond, symbole de la tradition maritime danoise, et par les décorations de Noël qui invitent au recueillement.

Je reprends ensuite la route vers le nord de l’île de Seeland, en direction de Hillerød, pour visiter le château de Frederiksborg. Édifié au début du XVIIe siècle sous le règne de Christian IV, ce palais de style Renaissance flamande est le plus grand du genre en Scandinavie. Ses tourelles vert-de-gris se reflètent dans le lac de Slotsø, lui donnant l’apparence d’un château flottant. Les jardins baroques qui l’entourent, inspirés de ceux de Versailles, ajoutent encore à sa majesté.

À l’intérieur, pas moins de 80 salles somptueuses se succèdent, richement décorées de tapisseries, de meubles d’époque et de portraits royaux. La chapelle du château, miraculeusement épargnée par l’incendie de 1859, servit de lieu de couronnement aux rois danois entre 1671 et 1840. Son orgue Compenius, construit en 1610, est un instrument d’exception resté intact. Parmi les autres merveilles, la Riddersalen (salle des chevaliers), salle de bal monumentale, impressionne par ses plafonds sculptés et ses dorures. Clou de la visite : un globe céleste illustrant le système géocentrique de Ptolémée, témoin d’une époque où l’on croyait encore que les planètes tournaient autour de la Terre. La visite est longue, mais passionnante, tant les collections sont variées et riches.

En fin de journée, je rejoins Helsingør pour apercevoir le fameux château de Kronborg, rendu immortel par Shakespeare qui y situa l’intrigue de Hamlet. Classé au patrimoine mondial de l’UNESCO, ce chef-d’œuvre de la Renaissance est l’un des plus grands châteaux d’Europe du Nord. Malheureusement, les horaires d’hiver réduits ne m’ont pas permis d’y entrer. Une bonne excuse pour revenir une prochaine fois, tout comme pour visiter le musée Louisiana à Humlebæk, dédié à l’art moderne, ou encore le pittoresque village d’Ærø.

Château de Kronborg à Helsingør

Même déconvenue à Ordrupgaard, musée d’art moderne et impressionniste magnifié en 2005 par une extension futuriste signée Zaha Hadid que j’admire particulièrement. Le site est actuellement fermé pour deux ans de rénovation.

Ce fut une journée dense mais passionnante, qui m’a révélé un autre visage du Danemark, entre nature grandiose, art médiéval et splendeurs royales. Je repars avec l’envie encore plus forte de revenir explorer ce pays surprenant et attachant.

Musée Ordrupgaard à Charlottenlund

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